Berne (ats) L'industrie pharmaceutique suisse a décidé d'agir pour éviter que ses produits ou sa technologie ne soient utilisés à des fins criminels. Elle a mis en place un catalogue de règles qui pourrait bien servir d'exemple dans les autres pays.
Les deux géants pharmaceutiques Novartis et Roche et la société de biotechnologie Serono ont rédigé cette charte à la suite de discussions avec des ONG et le gouvernement américain dans le cadre du Forum économique mondial à New York en février, explique à l'ats Thomas Cueni, secrétaire général d'Interpharma. Il confirmait une information parue mardi dans "La Liberté".
Sous le titre "Principes de bonne pratique en vue d'éviter l'usage abusif de substances ou de matériel biologiquement dangereux", les trois entreprises suisses ont édicté en mai une série de règles de sécurité en tenant compte de celles qu'elles appliquaient déjà. Toutes les directives ne sont donc pas nouvelles, précise M. Cueni.
Il a toujours existé des règles pour prévenir les accidents ou l'espionnage. Avec la menace croissante de bioterrorisme, de nouvelles dispositions ont été prises pour "réduire le risque que des produits stockés ou fabriqués chez nous servent à fabriquer des armes biologiques", poursuit le représentant d'Interpharma, qui réunit Novartis, Roche et Serono.
Accord international indispensable
Cette compilation des principes appliqués dans les laboratoires privés ne doit toutefois pas remplacer les actions au niveau des Etats. Elle ne peut qu'être complémentaire, insiste M. Cueni. Un accord international sur la mise en oeuvre de la convention de l'ONU interdisant les armes biologiques est indispensable, rappelle-t-il.
Les principes d'Interpharma sont contraignants dans la mesure où "la crédibilité de l'industrie pharmaceutique est en jeu", explique M. Cueni. Mais ils ne remplaceront jamais de réelles mesures contraignantes telles que des inspections indépendantes dans les laboratoires privés et d'Etat.
C'est d'ailleurs ce point qui a fait capoter en novembre les négociations sur un accord international dans ce domaine. Les Etats-Unis ont refusé que leurs laboratoires soient soumis à des contrôles pour des raisons de secrets industriel et de défense.
Rôle de pionnier
"Nous sommes prêts à jouer un rôle de pionnier à la condition que le cadre soit élargi, notamment donc aux laboratoires d'Etat. Nous voulons aussi que les discussions se fassent au niveau de la Fédération internationale de l'industrie du médicament (FIIM)", poursuit M. Cueni. Des contacts ont été pris avec des collègues européens, américains et japonais.
Pour l'heure, Interpharma a déjà présenté ses principes de bonne pratique à différents organes concernés et au secrétaire d'Etat à la santé américain, Tommy Thompson. "La réaction a été plus que positive", se réjouit M. Cueni. "Je suis assez optimiste quant à l'adaptation de ces règles au niveau mondial".
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dernière changement: 2004-09-17 09:35:44