Développement
Berne (ats) Plus de 60 chercheurs soutiennent la loi sur la recherche dans le domaine des cellules souches, soumise à votation le 28 novembre. Selon eux, des maladies actuellement incurables pourraient un jour être traitées grâce à cette recherche.
Bien des travaux de recherche fondamentale seront toutefois nécessaires avant que l'on puisse envisager toute application pratique. C'est pourquoi il faut poursuivre les recherches dans ce domaine, a argumenté lundi le comité "Oui à la recherche sur les cellules souches en Suisse", qui s'est présenté à la presse à Berne.
Les chercheurs étudient si les cellules souches peuvent être utilisées pour entretenir et renouveler des organes et des tissus. Ils analysent aussi la transplantation de cellules saines dans des tissus lésés. L'espoir existe, d'après eux, de découvrir des traitements pour certaines maladies telles que la maladie de Parkinson ou le diabète.
Applications dans 15-20 ans
Le potentiel de la recherche est très important, car "les cellules souches embryonnaires peuvent se différencier virtuellement en tous les types de cellules de l'organisme humain". Mais il ne faudra sans doute pas attendre d'applications cliniques avant 15 à 20 ans, a averti Sandro Rusconi, professeur de biochimie à l'Université de Fribourg.
La votation du 28 novembre est importante pour la Suisse en tant que centre de recherche, a relevé Sabina Gallati, professeure de génétique humaine à l'Hôpital de l'Ile à Berne. En raison de la diminution des subventions allouées à la recherche et des interdictions, les scientifiques partent de plus en plus en plus à l'étranger.
Si la loi était rejetée, la Suisse perdrait le contact dans un secteur de recherche nouveau et extrêmement prometteur, a ajouté Mme Gallati.
La loi sur la recherche dans le domaine des cellules souches autoriserait l'obtention de cellules souches embryonnaires ainsi que la recherche utilisant ces dernières en Suisse, a rappelé Marisa Jaconi, biologiste à l'Université de Genève. C'est un projet de cette spécialiste qui a déclenché l'élaboration de la loi, adoptée par le Parlement en décembre 2003.
Conditions strictes
Ce texte impose des conditions strictes à tout projet de recherche recourant à des cellules souches embryonnaires, a noté Alexandre Mauron, professeur de bioéthique à l'Université de Genève. La loi interdit par exemple la production d'embryons aux fins de recherche ainsi que le commerce d'embryons.
La recherche doit en outre viser des connaissances importantes, impossibles à obtenir autrement, et l'utilisation d'un embryon surnuméraire nécessite le consentement écrit du couple, a noté le professeur Mauron. Tout projet devra aussi recevoir l'aval de la commission d'éthique.
Débat éthique
La recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines suscite un débat éthique qui a l'air nouveau, mais les principaux arguments sont anciens, selon M. Mauron. Les adversaires de la recherche jugent que l'embryon précoce est d'ores et déjà une personne humaine disposant des droits fondamentaux tels que le droit à la vie.
Les défenseurs de la recherche estiment au contraire que l'embryon n'est pas une personne et qu'il n'a donc pas de droits comparables. "D'autres considérations éthiques sont plus pertinentes: intérêt thérapeutique des malades futurs, liberté de la recherche", a estimé le bioéthicien.
Parmi les membres du comité de chercheurs présenté lundi figurent notamment le prix Nobel de médecine Rolf Zinkernagel, Heidi Diggelmann, présidente du Fonds national suisse, Patrick Aebischer, président de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et Konrad Osterwalder, recteur de celle de Zurich (EPFZ).
La loi est soumise à votation en raison d'un référendum déposé en avril par des opposants disparates. Les 87 000 signatures ont notamment été récoltées par l'association "Oui à la vie", l'Appel de Bâle contre le génie génétique et l'Aide suisse pour la mère et l'enfant. Le texte est aussi combattu par certains milieux religieux et écologistes.
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dernière changement: 2004-09-17 09:35:44