Lausanne (ats) Les scientifiques ont appelé lundi à davantage d'engagement et de coopération dans la recherche de vaccins contre le sida, au premier jour d'un Congrès international ouvert à Lausanne par le conseiller fédéral Pascal Couchepin. Ils estiment leurs besoins à un milliard par an.
"Il est urgent de disposer d'un vaccin préventif afin de mettre un terme à l'épidémie" a mis en garde le Dr. Giuseppe Pantaleo, professur au CHUV et président du Congrès "AIDS Vaccine 2004".
A l'heure actuelle, plus de 40 millions de personnes sont infectées par le virus du sida. Plus de 45 millions de cas supplémentaires devraient être enregistrés d'ici 2010. Les scientifiques estiment de 10 à 15 milliards d'euros sur 10 ans le montant nécessaire pour poursuivre les tests cliniques de vaccins.
M. Pantaleo a également espéré le renforcement de l'engagement de la Suisse en faveur de l'initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI). Fondée en 1996 et active dans 23 pays, dont la Suisse, cette organisation a développé avec ses partenaires des "vaccins candidats". Une trentaine d'entre eux sont actuellement en phase de tests.
"Accès pour tous"
Dans son discours, M. Couchepin s'est pour sa part déclaré en faveur d'une stratégie à long terme. Il a indiqué que les enjeux de la production, de la diffusion et de la régulation d'un éventuel vaccin devaient être envisagés dès à présent.
Le chef du Département fédéral de l'Intérieur (DFI) a également souhaité, le moment venu, un "accès efficace pour tous" à ce traitement préventif. Il a demandé aux chercheurs de collaborer avec les gouvernements sur cette question et celle de savoir qui devait financer les vaccins.
Mais la réalisation d'un vaccin et son test sur des êtres humains "sont encore lointains", en raison de la mutation du virus, a fait remarquer le Prix Nobel de médecine Rolf Zinkernagel, directeur de l'Institut d'immunologie expérimentale de l'Université de Zurich.
Jusqu'à présent, aucune personne atteinte par le virus n'a pu l'évacuer par une réponse immunitaire. "Il n'y a donc pas de modèle à reproduire", a indiqué Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des maladies allergiques et infectieuses, aux Etats-Unis, et conseiller de la Maison Blanche sur le sida.
Manque de coopération
Dans un premier temps, le vaccin devra contribuer à maintenir le virus à un niveau peu élevé chez les nouveaux sujets infectés. La protection totale contre le VIH ne pourra être envisagée que dans une seconde étape, selon M. Fauci.
Autre obstacle, la progression de la recherche a été retardée par le manque de coopération entre les pays. Les résultats obtenus aux Etats-Unis ne sont pas interprétés avec la même grille de lecture en Australie ou en Europe, a expliqué Seth Berkley, PDG et fondateur de l'IAVI.
Ce problème se pose également au sein même de l'Union européenne, a regretté le Français Michel Kazatchkine, directeur de l'Agence nationale des recherches sur le sida (ANRS).
800 scientifiques
Pour le résoudre, un Groupement mondial pour le vaccin contre le VIH, sous la direction du Dr. Pantaleo, doit mettre sur pied des techniques standardisées. Les scientifiques ont également annoncé la création prochaine de centres "virtuels" pour regrouper les informations sur les résultats des recherches.
Quelque 650 millions de dollars sont dépensés chaque année pour la recherche de vaccins contre le sida, dont 382 millions par le gouvernement américain. Organisé par le CHUV et la fondation EuroVacc, établie en Suisse, le congrès "AIDS Vaccine 04" doit réunir jusqu'à mercredi quelque 800 scientifiques à Lausanne.
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dernière changement: 2004-10-01 14:55:47