Berne (ats) La concurrence internationale condamne tout immobilisme de la part de l'industrie chimique et pharmaceutique suisse. Pour faire face à ce défi, la Société suisse des industries chimiques (SSIC) prône la stimulation de l'innovation.
"Pour survivre à la compétition mondiale, les entreprises suisses doivent se spécialiser dans la fabrication de spécialités chimiques à forte valeur ajoutée. Une approche qui ne peut être suivie qu'en présence d'une innovation durable", a relevé mardi en conférence de presse Rudolf Wehrli, président de la SSIC et patron de Gurit-Heberlein.
Dans cette course à l'innovation, l'Etat doit créer un climat propice, estime la SSIC. Dans un premier temps, il s'agit de viser l'excellence dans la formation. Ensuite, il faut promouvoir et reconnaître la recherche et développement, notamment avec les brevets. Troisième axe prioritaire, il faut accélérer l'accès des produits novateurs au marché.
Encourager et sélectionner
"En termes de formation et de recherche, il faut encourager davantage la relève et sélectionner systématiquement les meilleurs", a insisté Rudolf Wehrli. Quelques pistes concrètes sont avancées: apprentissage précoce de l'anglais, développement de l'enseignement des sciences naturelles ou encore réduction de la durée de la formation initiale en Suisse.
Dans le même temps, il faut aussi faire jouer la concurrence entre les différentes universités. "Chaque haute école devrait établir son propre profil et se concentrer sur ses atouts", a poursuivi le président de l'association faîtière.
La SSIC recommande également que le financement soit axé sur les prestations des différentes hautes écoles et pas seulement, par exemple, sur le nombre d'étudiants. Objectifs recherchés: valoriser les meilleurs départements ou instituts et éliminer les points faibles.
Protection compétitive des brevets
La protection de la propriété intellectuelle est un autre point sur lequel l'Etat doit agir. "Il faut que les brevets garantissent aux entreprises, pendant une durée déterminée, une part suffisante des bénéfices économiques de l'innovation", a expliqué Beat Moser, directeur de la SSIC.
A ce propos, la SSIC salue la révision en cours de la loi sur les brevets. "Néanmoins, la situation n'est pas encore satisfaisante. Le niveau de protection demeure inférieur à celui de l'Union européenne", a regretté Beat Moser.
Accès facilité au marché
Le cycle de vie des produits de l'industrie chimique et pharmaceutique est de plus en plus court. Il est donc primordial que les produits novateurs accèdent rapidement au marché. Des efforts de la part du gouvernement sont à nouveau attendus par la SSIC pour permettre des procédures d'autorisation rapide, transparente et pas trop coûteuse.
Concernant les organismes génétiquement modifiés, la SSIC veut rendre la débat plus serein et factuel. Quant à l'initiative populaire pour un moratoire sur le génie génétique, "elle pourrait nuire profondément à la place scientifique suisse", a prévenu Beat Moser.
3,4 milliards pour la recherche
En 2000, selon les chiffres de la SSIC, l'industrie chimique et pharmaceutique a consacré 3,4 milliards de francs pour la recherche, en Suisse uniquement. Un montant qui correspond au 36 % de la somme totale dépensée par l'ensemble de l'industrie helvétique à des fins de recherche.
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dernière changement: 2004-10-01 14:58:24