Berne (ats) Les chercheurs pourront utiliser les embryons dits surnuméraires en vue de trouver de nouvelles thérapies contre des maladies graves. 66,4 % des votants ont approuvé dimanche la loi sur la recherche sur les cellules souches. La Suisse romande arrive en tête.
Tous les cantons et quelque 1,156 million de Suisses ont fait primer le potentiel thérapeutique de ces travaux sur les considérations éthiques autour du statut des embryons surnuméraires. Les référendaires n'ont rallié à leur cause que 585 000 citoyens environ. Ils ont réalisé leur meilleur score en Valais, qui n'a accepté la nouvelle loi qu'à 53,7 % des voix.
Les autres cantons romands sont au contraire les plus enthousiastes. Plus de quatre votants sur cinq ont dit "oui" à Genève (84,6 %) et dans le canton de Vaud (83,9 %), deux régions où la biotechnologie connaît un fort développement. En Suisse alémanique, la palme du "oui" revient à Bâle-Campagne (69,4 %) et Bâle-Ville (68,2 %), bastion de l'industrie pharmaceutique.
Maladies graves
La recherche sur les cellules souches embryonnaires ouvre l'espoir de pouvoir un jour remplacer des cellules endommagées par des saines et de traiter des maladies comme Alzheimer, Parkinson, le diabète ou encore les lésions de la moëlle épinière. La nouvelle loi permet aux scientifiques et à l'industrie pharmaceutique suisses de creuser cette piste tout en prévoyant des garde-fous.
L'embryon surnuméraire, issu d'une fécondation in vitro, ne pourra être utilisé qu'avec l'accord des parents. Un chercheur ne sera autorisé à produire des cellules souches à partir de cet embryon que si aucune autre solution existe, pour autant que le projet offre des garanties éthiques et scientifiques. Les cellules souches et les embryons surnuméraires ne pourront être cédés ou obtenus que gratuitement. Le clonage est interdit.
"Contrôler plutôt qu'interdire"
Pour le comité interpartis "Oui au progrès de la médecine - Oui à la recherche sur les cellules souches", il s'agit d'un vote clair en faveur de la Suisse en tant que centre de recherche et de connaissances. Les citoyens ont ainsi confirmé le principe "contrôler au lieu d'interdire" qui a fait ses preuves. Le PDC a rappelé qu'il est à l'origine des garde-fous fixés dans la loi.
Les autres partis gouvernementaux estiment, eux aussi, que ce "oui" est un signal en faveur de l'économie et de la recherche. Il faudra s'en souvenir lors des prochains débats budgétaires en faveur des hautes écoles et des chercheurs, a indiqué le PS dans un communiqué. Pour le PRD, les jalons d'une stratégie dans le domaine de la biotechnologie doivent être rapidement posés.
La tactique du salami va désormais prévaloir, mettent en revanche en garde les comités référendaires, comme l'Appel de Bâle, soutenu par les Verts. Le comité référendaire contre la loi sur l'instrumentation d'embryons humains exige, quant à lui, de siéger dans la commission nationale d'éthique et de permettre l'adoption d'embryons, a dit à l'ats son porte-parole Christoph Keel.
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dernière changement: 2004-11-30 00:00:00