Berne (ats) Après les animaux, c'est au tour des plantes d'être défendues en raison de leur valeur intrinsèque. La Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain (CENH) estime que les végétaux ne doivent pas être traités de façon arbitraire.
Infliger "sans raison valable" une nuisance à une plante n'est "moralement pas admissible", écrit la CENH dans son rapport "La dignité de la créature dans le règne végétal", présenté lundi à la presse à Berne. Ainsi, le fait de décapiter une fleur sans justification est un acte arbitraire.
La notion même de "raison valable" reste toutefois au libre-arbitre de l'auteur de l'acte. Le simple plaisir d'effeuiller une marguerite peut suffire comme raison, a précisé Bernard Baertschi, membre de la CENH.
Génie génétique et brevets
Attendue pour ses positions sur le génie génétique ou la brevetabilité des plantes, la CENH n'a pas pu édicter des propositions unanimes. Divisée, la commission a notamment jugé que ces problématiques relevaient plus de l'éthique sociale et était donc hors du cadre de la présente discussion, a relevé la professeure Martine Jotterand.
A la majorité de ses membres, elle a toutefois estimé que la modification génétique des plantes ne contredit pas l'idée de la dignité de la créature "pour autant qu'elle ne porte pas atteinte à leur autonomie - c'est-à-dire à leur capacité de reproduction ou de capacité d'adaptation - et sous réserve des limitations liées à l'éthique sociale".
Quant au fait de vouloir breveter des plantes, seule une minorité de la CENH a jugé cet acte moralement répréhensible. La majorité des experts consultés pense que cette question n'est pas liée "au respect des plantes au nom de leur valeur morale".
Humain prioritaire
Si la CENH reconnaît une valeur morale aux plantes, elle tient à souligner le principe de la proportionnalité et de la précaution. "Toute action qui implique les plantes en vue de la conservation de l'espèce humaine est justifiée moralement", écrit-elle.
En débattant en son sein du concept de "dignité de la créature" (remplacé dans les textes français par 'intégrité des organismes vivants'), la commission fédérale juge avoir apporté sa contribution aux débats actuels, conclut son président Klaus Peter Rippe. L'éthique ne donne pas de réponse, elle prépare un champ de réflexion qui permet à tout à chacun de prendre une décision et de la défendre.
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dernière changement: 2008-04-17 17:01:17