Londres (ats/afp) Une équipe scientifique britannique a obtenu l'autorisation pour la première fois en Europe d'effectuer un clonage d'embryons humains à des fins thérapeutiques. En Suisse, le contexte est défavorable à ce type de recherches.
L'autorité de régulation de la bioéthique britannique (HFEA) a annoncé mercredi qu'elle avait accédé à la demande d'un groupe de chercheurs de l'Université de Newcastle. Les scientifiques souhaitaient cloner des embryons humains et en utiliser les cellules souches dans le cadre de recherches sur le diabète.
Contrairement au clonage reproductif, formellement interdit par la loi, le clonage thérapeutique est légal en Grande-Bretagne depuis 2002. L'annonce de la demande d'autorisation, au mois de juin, avait néanmoins considérablement divisé la communauté scientifique britannique.
Si l'expérience de cette équipe de Newcastle était menée à bout, ce serait le premier cas de clonage d'embryons humains en Europe. La première expérience de ce type avait été menée en février en Corée du Sud en février et des études semblables sont en cours aux Etats-Unis.
Contexte suisse défavorable
Selon Alexandre Mauron, professeur de bioéthique à l'Université de Genève, le contexte suisse n'est en revanche pas favorable à la mise en place de telles recherches. Si certains pays, comme la Grande-Bretagne se sont toujours montrés libéraux dans le domaine de la recherche sur l'embryon humain, la Suisse est plutôt conservatrice.
D'un point de vue légal, une autorisation suivant l'exemple anglais est impossible. La Constitution suisse interdit en effet le clonage sous toutes ses formes et la loi sur les cellules souches embryonnaires, qui prévoyait d'autoriser certaines recherches mais non le clonage, sera soumis en votation le 28 novembre.
Pourtant, souligne le Pr Mauron, l'interdiction du clonage ne porte que sur l'espèce humaine. Personne n'a vraiment voulu interdire le clonage en tant que tel, puisque cette technique a prouvé son utilité dans le domaine agricole notamment.
Selon le Pr Mauron, aucune étude n'a encore, à ce stade, apporté la preuve que le clonage thérapeutique est possible dans l'espèce humaine. Cette technique rencontre notamment de grandes difficultés chez les primates. Pour l'éthicien, l'autorisation anglaise permettra donc surtout aux chercheurs de voir si le clonage pourrait marcher.
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dernière changement: 2004-09-17 09:35:44