Londres (ats/afp/reuters) Un rapport officiel britannique sur l'impact écologique des organismes génétiquement modifiés montre que certaines cultures transgéniques nuisent à l'environnement. Il relance la polémique quelques mois avant une décision très attendue de Tony Blair sur les OGM.
Après plus de trois ans de tests lancés à l'initiative du gouvernement, des scientifiques britanniques ont conclu jeudi que le colza et les betteraves sucrières transgéniques causaient plus de dommages à la nature que leurs équivalents non OGM.
Les cultures s'avèrent agressives pour leur environnement, notamment pour des insectes comme les abeilles ou les papillons qui leur préfèrent les champs "traditionnels".
Dans les champs plantés de maïs transgénique en revanche, les graines et les insectes sont plus abondants que dans les champs de maïs "conventionnel". On y trouve en effet en plus grande quantité des mauvaises herbes dont se nourrissent ces insectes ainsi que certains oiseaux.
Les graines utilisées pour l'ensemble de l'expérience, présentée comme la plus importante jamais menée dans le monde, ont été génétiquement modifiées afin de tolérer les herbicides.
Décision attendue
Le résultat de l'étude tombe alors que le premier ministre doit décider, fin 2003 ou début 2004, s'il donne son feu vert à ces cultures controversées, dénoncées par les associations écologistes et rejetées par une majorité de Britanniques.
Les anti-OGM, qui avaient critiqués dès leur mise en oeuvre ces expérimentations, notamment parce qu'elles laissaient de côté des questions comme les risques de "contaminations croisées" avec les autres cultures ou les conséquences sur la santé humaine, estiment d'ores et déjà que leurs résultats confirment leurs pires prédictions.
Ils renouvellent ainsi leurs appels en faveur d'une interdiction, au moins le temps que les recherches soient menées à leur terme. "Même dans le cadre de leur domaine d'étude limité, (ces tests) montrent clairement que les bénéfices supposés des OGM n'existent pas", a réagi Stephen Tindal, porte-parole de Greenpeace en Grande-Bretagne.
"Pendant des années les fabricants d'OGM ont affirmé que leurs cultures réduiraient l'utilisation des herbicides et seraient bénéfiques à la faune et à la flore", a-t-il rappelé. "Aujourd'hui nous savons combien ils avaient tort, et Tony Blair devrait définitivement fermer la porte aux OGM".
"Contaminations croisées"
Quant au résultat plus positif concernant le maïs transgénique, il ne doit pas servir de "cache-sexe" au gouvernement pour donner son feu vert à ce type d'agriculture, a prévenu Patrick Holden, le responsable de Soil Association, qui milite pour l'agriculture biologique.
"Le maïs transgénique entraîne facilement des contaminations croisées à cause du vent et si les cultures commerciales étaient autorisées, cela poserait un véritable danger pour les agriculteurs tant biologiques que conventionnels", selon lui.
Bénéfices limités
Ce nouveau rapport risque de compliquer la tâche de Tony Blair. En juillet dernier, un premier rapport sur l'impact économique d'un éventuel feu vert aux OGM déjà avait prévenu que les bénéfices à court terme seraient limités.
Le géant américain de l'agroalimentaire Monsanto - compagnie qui avait fourni les plans de betterave transgénique pour les essais - a d'ores et déjà annoncé qu'il mettait fin à son opération européenne de culture et de semi de blé et d'orge acquise en 1998.
Monsanto, qui pendant des années a poussé au développement des cultures transgéniques en Europe, a fait savoir qu'il fermait une unité de recherche sur les cultures à Cambridge, ce qui entraîne la suppression de 80 emplois.
Cette décision porte un coup aux efforts de la Grande-Bretagne pour être pionnière en biotechnologies et pour empêcher une "fuite des cerveaux" dans ce domaine.
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dernière changement: 2004-09-17 09:35:44