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Loi sur les cellules souches embryonnaires

Les milieux de "défense de la vie" lancent leur référendum

Berne (ats) Autoriser la recherche sur les cellules souches issues d'embryons surnuméraires est contraire à la constitution et ne respecte pas la dignité humaine. Fort de cette opinion, un comité emmené par l'association "Oui à la vie" combat ce texte par référendum.

La constitution interdit la recherche embryonnaire. Ce principe a été renforcé avec la loi sur la procréation médicalement assistée en vigueur depuis 2001, a souligné le conseiller national Alexander Baumann (UDC/TG) jeudi devant la presse. L'adoption d'une loi sur la recherche sur les cellules souches embryonnaires est dès lors "incompréhensible et insupportable".

Dignité humaine

Une autre raison invoquée pour rejeter ce texte est la protection de la dignité humaine. "L'embryon surnuméraire est un être vivant qui porte déjà en lui son programme de développement entier qui lui donnera le sceau de l'individu humain unique qu'il est déjà", estime Andreas Näf, membre du comité.

La dignité humaine est entière, absolue, indivisible et intouchable, selon lui. "Il est choquant, répulsant et bouleversant que le législateur ne veuille reconnaître à l'embryon in vitro qu'une protection réduite de la vie".

Le comité rejette l'argument selon lequel les embryons utilisés seraient de toute façon voués à la destruction. "Il existe une différence importante entre le fait de laisser mourir l'embryon surnuméraire et le meurtre de cet embryon qui en plus doit subir avant sa mort une instrumentalisation de sa vie par la recherche", a souligné M. Näf.

Voie ouverte aux abus

Les opposants à la loi voient dans ce ce texte la porte ouverte aux abus. Ils craignent qu'il conduise à "un mode de pensée utilitariste lié à la tendance sélective darwiniste sociale". Le respect de la vie humaine, âgée, handicapée, malade, diminue à long terme ou même se perd.

Les 20 dernières années, scientifiques et législateurs "ont méprisé l'homme comme jamais auparavant", a insisté Niklaus Waldis, citant la fécondation in vitro et l'avortement à titre d'exemples. Il y a des chercheurs qui placent leur recherche au-dessus de tout et la considère quasiment comme le veau d'or, a poursuivi Martin Jost.

Pour les opposants à la nouvelle loi, la solution doit passer par la recherche sur les cellules souches issues de personnes adultes. Leur grand potentiel ne présente aucun inconvénient sur le plan éthique, selon M. Jost

UDC, PEV, UDF

Plusieurs membres de l'UDC siègent dans le comité aux côtés de conseilleurs nationaux du Parti évangélique et de l'Union démocratique fédérale. Outre le soutien de ces deux formations protestantes, nous avons aussi celui de milieux catholiques, a précisé Marlies Näf, présidente du comité et membre de l'association "Oui à la vie".

Le délai pour déposer les 50 000 signatures nécessaires afin de faire aboutir le référendum court jusqu'au 8 avril. L'Appel de Bâle contre le génie génétique a lui aussi annoncé qu'il allait récolter des paraphes. Une collaboration entre les deux comités n'a pas encore été discutée, selon Mme Näf. Alexander Baumann a toutefois d'ores et déjà jugé positif qu'un autre front se soit dessiné contre la loi.

Conditions strictes

Ce texte, adopté en décembre par le Parlement, autorise la recherche sur les cellules souches embryonnaires sous de strictes conditions. Un chercheur ne pourra y recourir que s'il ne peut pas mener ses travaux à bien par d'autres moyens.

Une autorisation de l'Office fédéral de la santé publique, l'aval de la commission d'éthique et le consentement des couples concernés seront nécessaires. L'autorisation ne sera donnée que pour un projet bien précis, afin d'éviter de produire des réserves de cellules souches embryonnaires.

La loi ne concerne pas la recherche sur les embryons proprement dits qui sera réglée dans la future réglementation sur la recherche sur l'être humain.

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