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Référendum contre la loi sur les cellules souches embryonnaires

87 000 signatures récoltées par des opposants disparates

Berne (ats) Le référendum contre la loi sur les cellules souches embryonnaires a abouti. Quelque 87 000 signatures, récoltées par des opposants disparates, ont été déposées mardi et mercredi à la Chancellerie fédérale.

Mercredi matin, l'association "Oui à la vie" en a déposé 35 000, l'Appel de Bâle contre le génie génétique 12 000. Quant à l'Aide suisse pour la mère et l'enfant (ASME), elle avait déjà remis mardi 40 000 signatures.

Discussion éthique

"Nous voulons créer une plate-forme pour une discussion éthique à propos de cette loi", a déclaré la députée UDC au Grand Conseil thurgovien Marlies Näf-Hofmann devant la presse. Mme Näf dirige le groupe de travail sur les cellules souches embryonnaires de l'association "Oui à la vie".

Si elle prend ses distances vis-à-vis de l'ASME, Mme Näf a exprimé de la sympathie pour les arguments de l'Appel de Bâle et des Verts. "Oui à la vie" mènera tout de même sa propre campagne contre la loi, mais "plus la palette des arguments est large, plus nous atteindrons de gens".

Utilisation industrielle

L'Appel de Bâle fera également campagne seul. "Nos arguments se focalisent moins sur le fait de tuer des embryons que sur leur utilisation à des fins industrielles", a relevé sa directrice Pascale Steck.

L'organisation, qui milite notamment contre le brevetage d'êtres vivants, est soutenue par les Verts, seul parti à s'être joint au référendum. Non seulement cette loi viole la Constitution, mais elle ouvre la porte toute grande à d'autres excès comme le clonage thérapeutique, a déclaré la présidente des Verts Ruth Genner.

Contrôler au lieu d'interdire

De son côté, le comité "Oui au progrès médical", favorable à la loi, a annoncé mercredi dans un communiqué qu'il s'engagerait pour une approbation massive de cet objet par le peuple. Ce dernier a montré à maintes reprises qu'il tenait à la tradition suisse du "mieux vaut contrôler qu'interdire".

La recherche sur les cellules souches recèle un important potentiel thérapeutique, souligne le comité. Elle suscite l'espoir de nouveaux traitements contre l'infarctus, les atteintes à la moelle épinière, la maladie de Parkinson ou encore le diabète.

Large insatisfaction

La loi a été adoptée en décembre dernier. Elle autorise la recherche sur les cellules souches embryonnaires à de strictes conditions. Un chercheur ne pourra y recourir que s'il ne peut pas mener ses travaux à bien par d'autres moyens.

Ce texte était combattu par des membres de l'UDC, du Parti évangélique, de l'Union démocratique fédérale, des milieux catholiques et protestants ou encore écologistes. L'ordonnance d'application de la loi a mis en évidence une large insatisfaction en procédure de consultation.

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