Lundi 27 septembre 2004, de 12.30 à 14.45 heures
Kultur-Casino, «Bernerstube», Herrengasse 25, 3011 Berne
La qualité de la place de recherche suisse est aujourd'hui très bonne en comparaison internationale, du moins pour l'instant. En ce qui concerne le niveau d'intérêt des publications scientifiques (un indicateur important de la qualité des travaux de recherche), la Suisse a occupé les premiers rangs du classement mondial durant la période 1981-2001 - notamment en biologie/biochimie, immunologie, microbiologie, sciences de l'environnement et des matériaux - ainsi que des places de podium en biologie moléculaire/ génétique, physique, chimie, sciences d'ingénierie et dans le domaine multidisciplinaire. Ces résultats sont toutefois le fruit des efforts et investissements réalisés au cours des dernières décennies. Néanmoins, si l'on veut éviter de glisser dans le milieu du classement, il est impératif d'accorder la priorité aux investissements dans la formation scientifique et la recherche - opinion partagée à l'unanimité par les représentants du domaine EPF, des universités et de l'industrie lors du Science Talk «Place de recherche suisse». Les performances spectaculaires exigent un engagement hors du commun et un financement au-dessus de la moyenne.
1.Bilan et perspectives d'avenir de la place de recherche suisse
Prof. Alexander J.B. Zehnder, Président du Conseil de l'EPF, Zurich
La place de recherche suisse se distingue, en comparaison internationale, par une importante activité de publication et un haut niveau de qualité. Selon le classement "ISI Highly Cited", 77 scientifiques suisses font partie des 250 auteurs les plus souvent cités et donc des chercheurs les plus en vue. Notez que les indicateurs de publication reflètent la situation passée.
Pour ce qui concerne le financement, le tableau est différent: la part des dépenses nationales brutes affectées à la formation et à la recherche & développement dans le produit intérieur brut ne cesse de diminuer depuis dix ans. A la fin des années nonante, elle est tombée au-dessous de celle de pays tels que la Suède, la Finlande, les USA et le Japon. Avec des taux de croissance annuels de seulement 0,4%, la contribution financière de la Confédération a presque stagné ces dernières années. Etant donné que les moyens consacrés à la formation augmentent en fonction du nombre croissant d'étudiants et que les investissement restent les mêmes, les subventions à la recherche doivent être progressivement abolies.
Les stratégies de recherche d'avenir pour la Suisse sont la focalisation sur les domaines de recherche prioritaires, l'amélioration de la qualité (liberté de recherche, recrutement international, sélection des étudiants, infrastructure), l'affinement des approches de recherche orientées système, l'intensification des partenariats avec le secteur privé et le dialogue avec la population. Cela nécessite l'assurance d'un financement à long terme par les milieux politiques, l'établissement de nouveaux modèles de financement (p.ex. fonds de fondation), l'optimisation des conditions cadres (au lieu de créer de nouvelles structures) et la libre circulation des personnes.
2. Formation et recherche: la Suisse en comparaison internationale
Prof. Paul Herrling, Directeur la Recherche Corporate, Novartis International SA, Bâle
Durant la période 1998-2000, la Suisse a occupé des positions de leader sur le plan international, non seulement en ce qui concerne la productivité (mesurée à l'aune du nombre de publications citées par chercheur, p.ex. Science Citation Index), mais aussi par rapport à la capacité de commercialisation (nombre de brevets biotechnologiques déposés par million d'employés). Alors que les investissements des collectivités publiques dans la recherche ont pratiquement stagné ces dernières années, Novartis emploie aujourd'hui environ 15% de chercheurs en plus et investit à peu près 50% de plus dans la recherche suisse qu'avant la fusion de 1997 - ce malgré le nouveau centre de recherche à Cambridge, USA. Presque 7 milliards de francs ou 75% des dépenses de recherche et développement proviennent du secteur privé. Le premier rang qu'occupe actuellement la place de recherche suisse est le résultat d'un investissement constant et très généreux dans la formation et la recherche et d'un engagement extraordinaire des milieux politiques.
Les chiffres suivants montrent que cette priorité s'est infléchie au cours des dernières années: en 2002, la Suisse occupait encore le 2e rang selon l'IMD World Competitiveness Yearbook, en 2003, elle était tombée au 9e rang et en 2004 au 14e rang. Alors que le budget des National Institutes of Health (NIH) a plus que triplé entre 1991 et 2003, le budget du Fonds national suisse (FNS) n'a quasiment pas augmenté. La croissance annuelle des subventions de l'Etat, réduite à 4,75% en raison du blocage des crédits, n'est pas assez forte pour remplir le mandat de prestations et encore moins pour faire face au développement futur de la recherche.
A cela s'ajoutent d'autres situations problématiques: l'étude des sciences naturelles fondamentales, telles que la physique, les mathématiques et la chimie, n'est pas assez encouragée dans les écoles. Aujourd'hui, les universités sont rémunérées en fonction du nombre d'étudiants. Or nous avons besoin d'un système qui finance les hautes écoles en fonction de la qualité de l'enseignement et des études sanctionnées par un diplôme final et qui encourage la nomination des candidats de haut niveau à de nouvelles chaires. Il faut plus d'investissements étatiques dans la formation et les sciences ainsi qu'une sélection davantage basée sur la qualité afin que la Suisse reste une place attractive pour la nouvelle recherche industrielle.
3.Financement de la recherche et assurance de la qualité dans le secteur universitaire
Prof. Gian-Reto Plattner, Vice-recteur de l'Université de Bâle
La question du financement est encore plus épineuse dans les universités cantonales que dans les hautes écoles fédérales, ce qui se répercute aussi sur la qualité de la performance scientifique. Bien que les cantons non universitaires aient payé de lourdes contributions aux universités ces dernières années, les cantons répondants doivent injecter des sommes supplémentaires importantes. Etant donné que les subventions fédérales sont utilisées avant tout pour l'enseignement, les cantons doivent générer des fonds de recherche presque uniquement de l'extérieur - via le FNS et d'autres institutions. A cela s'ajoutent l'influence croissante de la politique sur la recherche et la lourdeur de la bureaucratie qui en résulte. En règle générale, la véritable innovation vient de là où personne n'y aurait pensé. La recherche politiquement orientée, tels les programmes de recherche du FNS, se prête mieux aux domaines porteurs d'avenir mais déjà découverts. Un autre problème de la place de recherche nationale réside dans la peur typiquement suisse de l'excellence. Au lieu d'encourager un peu tout le monde, on ferait mieux de miser sur l'excellence et de la promouvoir franchement. Pour sauvegarder la qualité de la formation et de la recherche, il faut modifier d'urgence les structures existantes dans le cadre d'une réforme des hautes écoles. La perception de taxes d'études plus élevées permettrait de faire face aux problèmes de financement des universités. Le financement de base de toutes les hautes écoles devrait être uniformisé et ne plus être basé sur la «prime par tête». Etant donné que la recherche dans les hautes écoles dépend aujourd'hui de nombreuses sources de financement indépendantes les unes des autres, elle ne peut être gérée via le financement. Pour pouvoir réguler les flux de financement dans l'ensemble du système, il faudrait verser tout l'argent dans un seul pot et créer un organe académique central qui serait habilité à décider de l'utilisation des moyens.
4. Liste de jeu de transparents
Texte: Kurt Bodenmüller
© 2010
, case postale, 3000 Berne 14 - Tél.: +41 31 356 73 84, Fax +41 31 356 73 01
dernière changement: 2005-11-15 00:00:00