
Manifeste pour l'avenir de la recherche sur les plantes en Suisse
Berne, le 4 octobre 2005
Oui à la liberté de choix et à l'encouragement de la recherche - Non au barrage à la réflexion et à sa mise en oeuvre
La Fondation Gen Suisse se prononce clairement contre l'initiative sur le moratoire et soutient par là, sans hésitation, le génie génétique vert en Suisse. Les progrès enregistrés dans la recherche moléculaire menée sur des plantes, les expériences positives résultant de la culture de plantes transgéniques sur des millions d'hectares dans le monde entier et l'utilisation de cette technologie depuis des années par un grand nombre d'agriculteurs montrent que la biotechnologie végétale a depuis longtemps fait ses preuves dans la recherche et dans l'agriculture. En Suisse, compte tenu des protestations systématiques des milieux hostiles au génie génétique, il est déjà très difficile de procéder à de petites disséminations réalisées à des fins de recherche et présentant pourtant toutes les garanties de sécurité. Un moratoire ne serait pas seulement un mauvais signal, il affaiblirait considérablement tant la recherche que l'enseignement. Ce dont le petit pays qu'est la Suisse a besoin, c'est d'une recherche de haute qualité, qui soit également en mesure de transposer ses avancées dans des applications utiles.
La recherche suisse tient son rang au plus haut niveau international dans le domaine de la biotechnologie végétale. Cette position - et par là même l'excellence de sa recherche et de son enseignement - est soumise depuis des années à une pression tant financière que publique. Un moratoire aurait des conséquences désastreuses pour la recherche sur les plantes transgéniques, pour les professeurs et pour les étudiants. Le Professeur Ernst Hafen, président désigné élu de l'EPF de Zurich, lance une mise en garde: «Si nous affaiblissons aujourd'hui notre relève scientifique, c'est la qualité de la recherche de demain qui en pâtira.» Pour éviter cela, Ernst Hafen appelle la population à faire confiance à l'efficacité des dispositions contraignantes du cadre législatif, au lieu de mettre en jeu notre savoir-faire et nos remarquables prestations en instituant des interdictions inutiles.
Le Professeur Klaus Ammann, directeur du Jardin botanique de l'Université de Berne, admet que les plantes transgéniques autorisées jusqu'ici à la mise sur le marché ne constituent pas une option réellement utiles pour les agriculteurs suisses. Dans le même temps, toutefois, la recherche dans ce domaine se développe à un rythme fulgurant, au niveau tant national qu'international - y compris dans le secteur public. Un grand nombre de projets de production végétale par des méthodes de biologie moléculaire visant à développer la résistance à la sécheresse ou la tolérance au sel, ou encore à augmenter la teneur en vitamines, attestent de l'immense potentiel de cette technologie. «Je suis persuadé que, dans un avenir prévisible, nous aurons des produits qui intéresseront également l'agriculteur suisse, tels que des pommes de terre résistantes au mildiou», estime Klaus Ammann. L'écologiste souhaite que la polémique à caractère non scientifique cède enfin la place à un débat plus honnête, s'appuyant sur des faits et des arguments.
«Depuis le début 2004, nous disposons d'une loi contraignante sur le génie génétique, qui impose une grande prudence dans l'utilisation de plantes génétiquement modifiées et permet la coexistence du génie génétique et de l'agriculture traditionnelle. Ainsi se trouvent garanties la sécurité de l'homme, de l'animal et de l'environnement, de même que la liberté de choix des producteurs et des consommateurs», estime Josef Leu, Conseiller national PDC. Un moratoire - ajoute l'agriculteur de profession qui a une formation d'ingénieur - ne serait pas seulement malhonnête et superflu, il desservirait de surcroît la Suisse en tant que centre de recherche. L'intention des auteurs de l'initiative - toujours selon Josef Leu - serait non pas d'obtenir une pause de cinq ans consacrée à la réflexion et à la recherche, mais d'aboutir au véritable but poursuivi, à savoir le début de la fin définitive du génie génétique vert en Suisse. Josef Leu souligne: «Nous n'avons nul besoin d'oeillères idéologiques et d'interdictions fondamentales dans l'utilisation du génie génétique. Ce qu'il nous faut, c'est une recherche forte dans un cadre responsable.»
Pour de plus amples informations:
Fondation Gen Suisse
Case postale
CH-3000 Berne 14
Tél.: +41 (0)31 356 73 84
Fax: +41 (0)31 356 73 01
Mardi 4 octobre 2005, 10.30 à 12.00 heures
Kornhausforum, «Mediensaal», Kornhausplatz 18, 3011 Berne
| 10 h 30 | Allocution de bienvenue Professeur Peter Gehr, directeur de l'Institut d'anatomie, Université de Berne; président de Gen Suisse |
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| 10 h 35 | Biotechnologie végétale suisse: encourager la recherche au lieu d'adresser des signaux négatifs Professeur Ernst Hafen, directeur de l'Institut de zoologie, Université de Zurich-Irchel; président de l'EPF de Zurich à partir du 1er décembre 2005; Comité de la Fondation Gen Suisse |
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| 10 h 50 | Plantes transgéniques - du laboratoire à la culture en plein champ: coexistence au lieu de fuite des cerveaux Professeur Klaus Ammann, Directeur du Jardin botanique, Université de Berne; Comité de la Fondation Gen Suisse |
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| 11 h 05 | L'avenir de l'agriculture suisse: liberté de choix au lieu de pause de réflexion Conseiller national Josef Leu, agriculteur, Hohenrain; Comité de la Fondation Gen Suisse |
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| 11 h 20 | Débat Modérateur: Professeur Peter Gehr |
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| dès 12 h 00 | Buffet debout | |
1. Biotechnologie végétale suisse: encourager la recherche au lieu d'adresser des signaux négatifs
Professeur Ernst Hafen, directeur de l'Institut de zoologie, Université de Zurich-Irchel;
président de l'EPF de Zurich à partir du 1er décembre 2005; Comité de la Fondation Gen Suisse
Selon les analyses actuelles portant sur la fréquence des citations de publications scientifiques («Science Citation Index»), la recherche suisse occupe une position de pointe au niveau mondial dans le domaine de la biotechnologie végétale. L'exemple le plus éclatant de cette excellence scientifique est fourni par le «Golden Rice», développé à l'EPF de Zurich par l'ex-professeur Ingo Potrykus. Ces études de citations sont toutefois le reflet du passé, car les résultats reposent sur des activités de recherche entreprises voici 5 à 10 ans.
La qualité de la recherche: un bien essentiel, mais fragile
A côté des scientifiques qui dirigent les projets de recherche, le financement et la qualité des collaborateurs et des étudiants jouent un rôle important dans les domaines concernés. Or, les subsides nécessaires à une recherche libre, subsides octroyés par le Fonds national suisse, sont en recul depuis des années. Les restrictions apportées aux essais de dissémination ainsi que les réticences de la population vis-à-vis de ce type de recherche ont conduit ces dernières années à une diminution du nombre des étudiants qui s'intéressent à la filière de la biotechnologie végétale. Il est donc difficile de maintenir dans ce domaine la réputation toujours excellente de la recherche suisse.
Un moratoire s'appliquant à la culture de plantes transgéniques à des fins commerciales aurait des répercussions négatives supplémentaires - non seulement sur des étudiants potentiels en Suisse et à l'étranger, mais également sur les chercheurs que nous souhaiterions faire venir en Suisse pour occuper des chaires professorales. Qui souhaite en effet pratiquer la recherche dans un domaine dont l'application est interdite dans son propre pays? Un affaiblissement de la relève scientifique aujourd'hui a des répercussions négatives à long terme sur la qualité de la recherche de demain.
Dans un petit pays comme la Suisse, la recherche est marquée par un nombre restreint d'individus. L'immunologie par le prix Nobel Rolf Zinkernagel, la biologie structurale par les prix Nobel Richard Ernst et Kurt Wüthrich. Un exemple tout récent concerne le nouveau domaine de la biologie des systèmes, dans lequel - grâce au recrutement d'un éminent chercheur - la Suisse va désormais figurer parmi les nations de pointe. Des individus peuvent exercer un effet d'aimentation - y compris dans un sens négatif, dans la mesure où ils ne viennent pas.
Préserver les forces de la recherche au lieu de les affaiblir
La situation actuelle permet d'établir différents parallèles avec la votation concernant l'initiative sur la protection génétique de 1998. Nous autres, chercheurs, avions pris conscience que nous avions négligé la communication avec la population. Une technologie qui a connu un développement fulgurant au cours des 30 dernières années se heurte à l'incompréhension et aux craintes de l'opinion publique. J'ai appris que bien des peurs pouvaient être désamorcées par un dialogue direct. Contrairement à d'autres technologies - l'industrie chimique, par exemple -, la modification du patrimoine génétique d'êtres vivants n'est pas une invention de l'homme. C'est l'invention qui est à la base de l'apparition de toute forme de vie. Si le patrimoine génétique des espèces ne se modifiait pas, il n'y aurait pas de diversité des espèces. Le génie génétique est une modification du patrimoine génétique, telle qu'elle existe dans la nature depuis des milliards d'années. Cela ne signifie pas que cette technologie ne comporte aucun risque, mais aujourd'hui - après des années de recherches intensives sur la sécurité biologique -, non seulement il est possible d'évaluer ces risques, mais ceux-ci, du point de vue de la science, sont également acceptables.
Aux Etats-Unis, on pratique depuis déjà des années des essais de dissémination à grande échelle (et l'on a cultivé l'an dernier des plantes transgéniques sur près de 50 millions d'hectares). En Suisse, par rapport à d'autres pays, nous avons une législation extrêmement restrictive, qui réglemente les disséminations. Il doit être également possible à l'avenir de procéder à des essais de dissémination dans le cadre des dispositions de la loi sur le génie génétique. C'est seulement ainsi que nous pourrons participer à la poursuite du développement de cette technologie. En revanche, un moratoire - même s'il ne touche pas directement la recherche - rendrait des essais de dissémination encore plus difficiles, et par là même totalement dénués d'intérêt pour la recherche universitaire. En l'occurrence, il ne s'agit pas exclusivement de plantes de rente plus résistantes et de meilleure qualité, il s'agit de plus en plus aussi de plantes dont nous avons besoin pour produire des médicaments.
En ma qualité de futur président de l'EPF de Zurich, je suis fier des prestations remarquables qui ont été réalisées et qui continuent de l'être, tant à l'EPF de Zurich que dans les universités suisses dans le domaine de la biotechnologie végétale. Il s'agit de l'un des domaines dans lesquels nous pouvons lutter à armes égales avec la concurrence mondiale. Ne mettons pas en jeu cette compétitivité au détriment de notre relève et des emplois futurs en instituant des interdictions inutiles. Faisons confiance en revanche à l'efficacité du cadre législatif. Tout comme en sport, il est également difficile, en science, de se maintenir aux premières places du classement. Faisons tout notre possible pour y parvenir.
2. Plantes transgéniques - du laboratoire à la culture en plein champ: coexistence au lieu de fuite des cerveaux
Professeur Klaus Ammann, directeur du Jardin botanique, Université de Berne; Comité de la Fondation Gen Suisse
Le génie génétique vert se développe à une vitesse fulgurante au niveau tant national qu'international. Les assertions énoncées ci-après montrent avant tout deux aspects souvent négligés dans le débat qui est mené en Suisse: Premièrement, dans un avenir proche, on verra apparaître sur le marché des produits qui apporteront également à nos agriculteurs un avantage direct parfaitement clair et net. Deuxièmement, une revue des travaux de recherche menés par le secteur public montre que la culture de plantes transgéniques offre et offrira de grandes chances, en particulier aux pays en développement. De manière générale, il apparaît aussi de plus en plus clairement que les cultures de plantes transgéniques en plein champ ne présentent pas la moindre menace pour la biodiversité. Une revue détaillée portant sur plus de 300 références scientifiques en atteste (Ammann, 2005a).
Des variétés résistantes au mildiou de la pomme de terre pour l'agriculture suisse
Avec quelque 12 000 hectares de surface cultivée, la pomme de terre compte parmi les principales plantes cultivées par l'agriculture suisse. Dans des conditions météorologiques normales, on parvient à maintenir le mildiou de la pomme de terre sous contrôle, mais pas lorsque les étés sont humides. Les dégâts sont alors considérables, portant sur plus de 20 % de la récolte. La seule solution est souvent de récolter avant terme ou de recourir à des pulvérisations massives de pesticides, lesquels, en soi, sont sujets à caution. En d'autres termes: les problèmes que pose la culture traditionnelle
de la pomme de terre sont aujourd'hui encore loin d'être résolus. Pour combattre le mildiou, les producteurs européens de pommes de terre pulvérisent entre huit et quatorze fois par an des fongicides chimiques de synthèse pour un montant de 322 euros par hectare (voir également à ce sujet les fiches techniques de l'USDA, l'autorité américaine de l'agriculture: par exemple
infoventures.com/e-hlth/pestcide/mancozeb.html). En dépit du recours à ces pulvérisations, le champignon détruit environ deux pour cent des cultures européennes - mais beaucoup plus encore quand les étés sont humides.
Même dans la culture biologique de la pomme de terre, l'utilisation de fongicides - c'est-à-dire de produits à base de cuivre - est autorisée selon la liste 2005 des produits bio du FiBL, à raison d'au maximum 4 kilogrammes de cuivre pur par hectare (Speiser et coll., 2005). Etant donné que le cuivre s'accumule dans le sol, l'Union européenne voulait en interdire l'utilisation dans la culture biologique de la pomme de terre à partir de 2002. Cette décision a toutefois dû être à nouveau annulée. Bien que le cuivre compte au nombre des métaux lourds, son écotoxicité est infiniment moindre que celle des métaux lourds caractéristiques, tels que le plomb, le cadmium et le mercure; il n'en reste pas moins un souci important: celui de l'accumulation. Par manque d'alternatives efficaces, ce type de produit reste provisoirement autorisé et doit continuer à être utilisé.
Certains des fongicides employés dans la culture intégrée classique de la pomme de terre sont nocifs pour les poissons et les insectes aquatiques (Liesivuori & Savolainen, 1994). Aussi est-il tout à fait essentiel que les champs de pommes de terre dans lesquels on utilise ces substances ne soient pas situés à proximité de cours ou de plans d'eau, car il existerait alors un risque de pollution des eaux. Compte tenu de la très grande sensibilité du plant de pomme de terre, il est pratiquement impossible de renoncer totalement aux fongicides avec les formes actuelles de culture, c'est-à-dire basées sur un petit nombre de variétés et sur la monoculture. Et les méthodes de sélection traditionnelles n'ont pas réussi jusqu'à présent à produire des variétés durablement résistantes.
Les variétés sauvages de pommes de terre comportent certes des gènes de résistance, mais, avec les techniques traditionnelles de sélection, des milliers de gènes indésirables sont également croisés, ce qui retarde pour de nombreuses années une sélection efficace. En revanche, grâce aux techniques modernes du génie génétique, les gènes naturels de résistance ont été identifiés et peuvent être subtilement introduits dans les variétés actuellement commercialisées avec succès. Plusieurs équipes de chercheurs dans le monde sont à même de le faire - à l'Institut Max-Planck de Cologne, par exemple.
Pour obtenir par génie génétique une sélection de plantes résistantes au champignon Phytophtora infestans, les chercheurs poursuivent plusieurs stratégies: une stratégie de résistance monogénique et une stratégie de résistance polygénique, c'est-à-dire consistant en l'association de plusieurs gènes de résistance. Des chercheurs canadiens ont par exemple développé une variété qui produit un fongicide naturel très efficace. La modification par génie génétique confère aux plantes une résistance très élevée qui se maintient sans faiblir depuis déjà deux ans. Des chercheurs US ont par ailleurs découvert un gène dit «RB» provenant de variétés sauvages, qui entraîne une résistance à large spectre. Au cours des seules années 2000-2004, plus de 100 publications scientifiques ont paru au total sur le sujet. Les connaissances acquises sont sans cesse affinées et se concentrent de plus en plus sur des groupes précis de gènes de résistance. Le chemin menant à des variétés de pommes de terre capables de maintenir durant des années leur capacité de résistance - et donc susceptibles d'apporter également des avantages directs aux paysans suisses - n'est donc plus très long.
Dans une étude menée en 2003, Gianessi et coll. ont évalué ce que le génie génétique permettrait d'économiser en Europe: Avec l'introduction réussie d'une variété de pomme de terre transgénique résistante au mildiou sur 100 % de la surface de culture européenne, les besoins en fongicides diminueraient de 7,5 millions de kilos et la production augmenterait de 858 millions de kilos. Le revenu net des agriculteurs s'accroîtrait de 417 millions d'euros. (Pour les détails, voir le manuscrit complet: Ammann, 2005b).
Génie génétique vert: une chance pour les pays en développement
Grâce en particulier à la position de pointe qu'elle occupe dans le monde, la recherche suisse peut apporter une contribution essentielle à l'amélioration des plantes de culture modernes dans le domaine de la biotechnologie végétale. Ajoutons à cela que les scientifiques ont conscience de leurs responsabilités vis-à-vis des pays en développement. Certaines organisations d'aide au développement - Swissaid, par exemple - propagent consciemment des informations erronées sur les techniques du génie génétique appliquées aux plantes de culture: selon leurs arguments, en effet, le génie génétique serait inutile pour l'agriculture de pays pauvres et n'aurait jusqu'ici rien apporté que la famine.
Or, on semble ignorer que les enquêtes réelles menées ces dernières années dressent un tableau bien différent. Dans un article de l'éminente revue internationale «Nature Biotechnology», l'auteur résume la situation de la façon suivante: dans les pays en développement, des centaines de projets sont en cours, dont certains sont déjà dans la phase de commercialisation et dans le cadre desquels il est fait recours de manière judicieuse à des plantes de culture améliorées par génie génétique (Cohen, 2005). Nota bene: rien moins que 85 % de ces variétés végétales proviennent d'institutions publiques. Cela n'empêche pas une collaboratrice de Swissaid, Tina Goethe, par pur zèle missionnaire contre le génie génétique, de diffuser des textes qui rendent la compréhension des faits encore plus opaque. On y cultive l'image des multinationales hégémoniques du génie génétique, ce qui ne correspond nullement à la réalité des faits en ce qui concerne la situation dans les pays en développement (Goethe, 2005).
A titre de contribution à une nouvelle OGN récemment fondée (Public Sector Research and Regulation Initiative, PRRI, voir www.pubresreg.org/), l'auteur a dressé un tableau qui confirme les chiffres de Cohen et les conforte en outre par des citations extraites de travaux scientifiques: www.botanischergarten.ch/PublicSector-MOP2/PRR-side-events-outline-2005-05-25.pdf. Et il faudrait y inclure encore de nombreux suppléments.
Il y a peu a été lancé en Afrique un nouveau projet pour l'amélioration du sorgho, projet dirigé depuis Nairobi: Africa Harvest Biotech Foundation International (AHBFI, voir www.ahbfi.org/). La Bill and Melinda Gates Foundation soutient le projet à l'aide de millions de dollars et, par exemple, l'entreprise Pioneer met à disposition toute sa technologie sans prélever aucune redevance de licence. Conjointement avec un institut de recherche à Nairobi, l'auteur assume la responsabilité des secteurs de la biosécurité et de la communication.
Bibliographie
Ammann, K. (2005a)
Effects of biotechnology on biodiversity: herbicide-tolerant and insect-resistant GM crops. Trends in Biotechnology, 23, 8, pp 388-394
www.sciencedirect.com/science/article/B6TCW-4GG2HJM-2/2/b23d0cc8c6846b9f6625162f3351b0ae and www.botanischergarten.ch/TIBTECH/Ammann-TIBTECH-Biodiversity-2005.pdf
Ammann, K. (2005b)
Kartoffelfäule: Resistenz gegen den Algenpilz Phytophtora bei Kartoffeln (Manuskript) pp 9
www.botanischergarten.ch/Pipeline/Kartoffel-Faeule1.pdf
Cohen, J.I. (2005)
Poorer nations turn to publicly developed GM crops. Nature Biotechnology, 23, 1, pp 27-33
www.botanischergarten.ch/PublicSector-Danforth-20050304/Cohen-Naturebiotech-2005.pdf
Gianessi, L.P., Sankuka, S., & Reigner, N. (2003)
Pflanzenbiotechnologie: Potenzielle Wirkung bei der Verbesserung der Schädlingsbekämpfung in der europäischen Landwirtschaft, Eine Zusammenfassung von drei Fallstudien Juni 2003, The National
Center for Food and Agricultural Policy 1616 P Street, NW Suite 100 Washington, DC 20036
Vollständiger Bericht: www.ncfap.org/whatwedo/pdf/2004finalreport.pdf pp 18,
NCFAP Study Washington, DC 20036. www.europabio.org/documents/300603/Study_DE.pdf
and www.ncfap.org/
Goethe, T. (2005)
Saat des Hungers. Konkret, 7, pp 4
www.botanischergarten.ch/Developing/Goethe-Tina-Konkret-Heft-07-2005.doc
Liesivuori, J. & Savolainen, K. (1994)
Dithiocarbamates. Toxicology, 91, 1, pp 37-42, <Go to ISI>://A1994PC35100006
Speiser, B., Weidmann, G., & Rölli, N. (2005)
FiBL Hilfsstoff-Liste, FiBL, Frick, IS: 3-906081-43-5, pp 68,
www.botanischergarten.ch/Pipeline/FIBL-Hilfsstoffe-2005.pdf
3. L'avenir de l'agriculture suisse: liberté de choix au lieu de pause de réflexion
Josef Leu, Conseiller national PDC, agriculteur et ingénieur ETS, Hohenrain; Comité de la Fondation Gen Suisse
L'initiative pour un moratoire, sur laquelle nous serons appelés à voter le 27 novembre prochain, a pour objet d'obtenir que, pendant cinq ans, l'agriculture suisse soit exempte d'organismes génétiquement modifiés. A cette fin, il serait interdit durant cinq années de faire le commerce de plantes génétiquement modifiées et d'animaux de rente modifiés par génie génétique. Pour motiver leur démarche, les auteurs de l'initiative avancent le rejet majoritairement exprimé par les consommateurs. Pour ma part, je me pose en premier lieu les questions suivantes: Premièrement, cette initiative rend-elle service à notre pays? Deuxièmement, constitue-t-elle la réponse adéquate aux réserves manifestées par de nombreux consommateurs et agriculteurs?
Des réserves nationales face à une réalité mondiale
Pour répondre à ces questions, il peut s'avérer utile de jeter un regard au-delà de nos frontières: voici quelques semaines se sont rencontrés à Thoune des experts et des journalistes du monde entier à l'occasion du 49e Congrès international des journalistes agricoles. Un nombre étonnamment important de participants ont considéré le débat de fond suisse sur le génie génétique vert comme parfaitement stérile. Plus de huit millions d'agriculteurs dans 17 pays du monde ont en effet cultivé l'an dernier des variétés de maïs, de soja ou de coton génétiquement modifiées - et la tendance est à la hausse. En édictant deux directives sur l'étiquetage des aliments OGM et la dissémination de plantes transgéniques, l'UE a également levé l'an dernier le moratoire de fait relatif à la mise sur le marché de produits génétiquement modifiés, ouvrant ainsi la voie à une attitude plus objective et moins crispée vis-à-vis du génie génétique vert. Parallèlement, en Suisse, la population va bientôt être appelée à se prononcer sur un moratoire de cinq ans relatif au génie génétique. Une réalité qui a suscité l'étonnement des journalistes agricoles à Thoune. Compte tenu du degré d'implantation du génie génétique dans l'agriculture internationale, ils ne comprennent pas les peurs irrationnelles que suscite cette technologie. Ou bien faut-il penser que plus de huit millions d'agriculteurs issus tant des pays en développement que des pays industrialisés sont dans l'erreur?
Après des débats serrés voici maintenant un an et demi, la Suisse a trouvé sa méthode pour l'utilisation du génie génétique vert: la loi sur le génie génétique (LGG), entrée en vigueur en janvier 2004, pose désormais des garde-fous en même temps qu'elle dresse des obstacles importants. Elle garantit une utilisation sûre et responsable de plantes génétiquement modifiées ainsi que la liberté de choix des consommateurs et des producteurs. Elle laisse parallèlement des possibilités à la recherche dans un domaine dont l'utilité est démontrée et le potentiel important - y compris pour notre agriculture. Soit dit en passant, un domaine dans lequel nos chercheurs - ceux de l'EPF et de l'Université de Zurich, par exemple - collaborent au plus haut niveau international.
La coexistence est possible - même en Suisse
La protection de la production sans OGM - l'une des principales revendications des responsables de l'initiative - est déjà garantie par la LGG. En ce qui concerne l'agriculture, une ordonnance définira bientôt une réglementation sur la coexistence, qui s'appuiera sur des faits scientifiques et qui rendra possible le côtoiement judicieux de différentes stratégies de culture. La station fédérale de recherches de Reckenholz a d'ores et déjà bien préparé le terrain et montré par son étude que la coexistence était possible en Suisse et que, selon le type de culture, on pouvait la mettre en oeuvre en prenant des mesures techniques et organisationnelles simples. Notre loi sur le génie génétique est restrictive et se caractérise par la prudence. Quelle est dès lors l'utilité d'un moratoire qui stigmatise la production végétale par des méthodes de biologie moléculaire, qui fige un comportement isolationniste et qui donne un nouvel élan à des peurs irrationnelles?
Aux consommateurs de produits alimentaires issus d'une agriculture exempte d'OGM et aux agriculteurs, l'initiative promet de meilleures chances de débouchés grâce au label «sans OGM». Un aspect reste toutefois occulté, à savoir que, même si l'initiative était adoptée, l'importation et la vente de produits alimentaires et d'aliments pour animaux produits par génie génétique continueraient à être autorisées. Dans le domaine des aliments OGM - et conformément aux prescriptions en vigueur en matière d'étiquetage -, la Suisse est aujourd'hui pratiquement exempte d'OGM. Dans le cas le plus extrême, ces dernières années, seules des traces proches du seuil de détection analytique ont tout au plus été décelées dans les produits à base de maïs et de soja qui ont été testés.
Il en va différemment pour ce qui concerne les aliments pour animaux: sur les 383 595 tonnes de ce type d'aliments qui ont été importées au total en 2004, 2101 tonnes - soit 0.55 % - étaient des aliments OGM, en particulier des tourteaux de soja et du gluten de maïs en provenance du Brésil. Dans l'Union européenne, en revanche, les animaux sont essentiellement nourris à base d'aliments pour animaux comportant des OGM provenant des Etats-Unis, d'Argentine et du Brésil. Nombre de ces produits animaux atterrissent ensuite dans les assiettes suisses. Pour notre agriculture, l'absence d'OGM a toutefois son prix: on estime à environ 15 millions de francs de coûts supplémentaires le montant résultant de la certification et des contrôles requis. Compte tenu des défis importants que doit relever notre agriculture, on est en droit de se demander pendant combien de temps encore ces coûts supplémentaires pourront être supportés.
Des garde-fous, non des voies sans issue
Etant donné que l'initiative pour un moratoire n'aura de répercussions ni sur les produits alimentaires ni sur les aliments pour animaux qui sont importés, l'objectif proclamé des auteurs de l'initiative apparaît pour ce qu'il est - c'est-à-dire une coquille vide. Si nous excluons les détergents, les laboratoires de recherche, les médicaments, les traitements, les procédés de production industriels et bien d'autres choses encore, la Suisse est aujourd'hui pratiquement exempte d'OGM. L'initiative n'aurait pas non plus la moindre influence sur la production agricole en Suisse, car l'autorisation de mise sur le marché d'une nouvelle variété végétale transgénique ne serait théoriquement pas possible dans le laps de temps de cinq ans.
S'agissant du progrès en matière de recherche et d'agriculture, le moratoire se révèle en revanche être un cheval de Troie. Car l'attitude de rejet manifestée par les auteurs de l'initiative à l'égard du génie génétique vert s'avère être un aspect fondamental. Sous le prétexte de donner du temps à la recherche, on étoufferait dans l'oeuf le recours à la biotechnologie végétale et, finalement, on paralyserait la technologie dans son ensemble. Car la recherche sur les plantes ne peut pas être menée uniquement en laboratoire et en serre. Or, la dissémination expérimentale réalisée par l'EPF de Zurich avec du blé transgénique résistant à un champignon a révélé la véritable disposition d'esprit des responsables de l'initiative: Durant des années, cette expérience a été torpillée, freinée et publiquement stigmatisée. Dans un entretien accordé cet été, le Professeur Dieter Imboden, président du Conseil de recherche du Fonds national suisse, a parfaitement défini la situation: «Dans un climat hostile, la recherche et l'enseignement dépérissent.» Or, les auteurs de l'initiative alimentent précisément ce climat.
La biotechnologie moderne apporte de plus en plus aux agriculteurs du monde entier des alternatives à la protection phytosanitaire par des produits chimiques, en même temps qu'elle leur offre de nouvelles chances pour assurer l'existence et l'alimentation des populations. La recherche sur les plantes - et par là même aussi quelques équipes de scientifiques suisses - acquièrent sans cesse de nouvelles connaissances et font sans cesse de nouveaux progrès pour résoudre les problèmes existants. Nous n'avons besoin d'aucune interdiction dans notre utilisation du génie génétique vert. Nous n'avons nul besoin de faire une pause pour réfléchir - et moins encore de faire une pause dans nos réflexions. Le Conseil fédéral, le Parlement, l'économie et la recherche sont favorables à une utilisation rigoureuse, mais pragmatique, des plantes génétiquement modifiées. Je suis persuadé que le peuple suisse - lui aussi - se prononcera une fois de plus de manière pragmatique: pour la liberté de choix et pour l'avenir - et non pour la mise en tutelle et la stagnation.
4. Coordonnées des orateurs
Prof. Ernst Hafen
Directeur
Institut de zoologie
Université de Zurich-Irchel
Winterthurerstrasse 190
CH-8057 Zurich
Tél.: +41 (0)44 635 48 71
hafen@zool.unizh.ch
Prof. Klaus Ammann
Directeur
Jardin botanique
Université de Berne
Altenbergrain 21
CH-3013 Berne
Tél.: +41 (0)31 631 49 37
klaus.ammann@ips.unibe.ch
Josef Leu
Conseiller national PDC LU
Agriculteur et ingénieur ETS
Günikon
CH-6276 Hohenrain
Tél.: +41 (0)41 910 32 31
josef.leu@bluewin.ch
© 2010
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dernière changement: 2009-03-06 12:12:51