Mardi 2 décembre 2003, de 10 h 30 à env. 13 h 00
Kornhausforum, «Mediensaal», Kornhausplatz 18, CH-3000 Berne 7
1. Les animaux transgéniques dans la recherche en paraplégie: modèles de maladie irremplaçables en vue de l'utilisation clinique
Pr Martin E. Schwab, directeur de l'Institut de recherche sur le cerveau, Université de Zurich et Département de biologie, EPFZ
Le but de la recherche fondamentale biomédicale est d'acquérir une connaissance approfondie des mécanismes se déroulant dans l'organisme sain et l'organisme malade. La compréhension des mécanismes moléculaires est la condition sine qua non pour découvrir par exemple les causes des maladies, les points d'attaque pharmacologiques possibles et développer de nouvelles possibilités thérapeutiques. La mise en application clinique des connaissances acquises en recherche fondamentale nécessite l'exploration de systèmes physiologiques telles que les cultures cellulaires et les organismes vivants entiers.
A l'Institut de recherche sur le cerveau, mon groupe s'intéresse à la régénération des fibres nerveuses après la survenue de lésions dans le système nerveux central (SNC), c'est-à-dire la moelle épinière et le cerveau. Jusqu'à il y a 20 ans, il était admis comme un dogme qu'après une paraplégie, par exemple, les fibres nerveuses de la moelle épinière ne pouvaient plus se régénérer et que par conséquent les chances de guérison étaient nulles. Nous avons alors cherché à savoir pourquoi les fibres nerveuses sont capables de régénération dans le système nerveux périphérique (SNP) et non dans le SNC. A la fin des années quatre-vingts, nous avons découvert la protéine dénommée Nogo1, qui inhibe la repousse des fibres nerveuses lésées dans le SNC et ne se trouve que dans le SNC ? donc, une lueur d'espoir et un point d'attaque possible pour la thérapie.
Nous avons d'abord réussi à démontrer que Nogo inhibe la croissance des neurones dans les cultures cellulaires (in vitro) et qu'après y avoir ajouté un anticorps spécifiquement dirigé contre Nogo, les nerfs se remettaient à pousser. Cependant, les expériences sur cultures cellulaires ont une validité limitée dès lors qu'elles sont faites dans un milieu artificiel ou isolé et qu'elles font abstraction des processus multiples et complexes qui se déroulent entre les différents tissus et organes. Par conséquent, les résultats encourageants des expériences in vitro devaient être encore confirmés dans un organisme vivant afin d'établir leur validité clinique. Cette règle est en vigueur dans les milieux de la recherche pharmaceutique et biomédicale du monde entier. Elle prescrit l'espèce animale et le nombre de cobayes à utiliser lors de ces tests avant de pouvoir passer aux essais cliniques. L'efficacité et la tolérance des substances actives doivent être confirmées chez l'animal.
Dans le cas présent, la repousse des neurones de la moelle épinière délibérément détruits a d'abord été étudiée chez des rats adultes. Après avoir provoqué une lésion au niveau de la moelle épinière, nous avons traité le site en question pendant un certain temps avec l'anticorps anti-Nogo. Les tests comportementaux ont montré que les animaux avaient fait des progrès significatifs (en fonction du temps), notamment en ce qui concerne la marche, la préhension, etc. L'analyse histologique a en outre révélé que les fibres nerveuses avaient même repoussé jusqu'au-delà de la zone lésée. Nous avons donc prouvé que l'anticorps anti-Nogo est capable, in vitro et in vivo, de stimuler la repousse des fibres nerveuses dans le SNC. Nous avions besoin de cette preuve pour nous rapprocher de notre but, à savoir l'utilisation chez le paraplégique.
La production d'animaux transgéniques est possible depuis les années quatre-vingts. Des souris sont génétiquement modifiées en supprimant un gène bien défini dans toutes les cellules (knock-out) ou en faisant en sorte que ce gène soit activé à un moment précis de leur développement ou ne soit présent que dans certains types de cellules. Ces modèles animaux sont très utiles, par exemple pour vérifier l'effet de Nogo-A sur le système nerveux périphérique, où cette protéine est normalement absente. Nous aimerions aussi savoir si Nogo est capable d'empêcher la repousse des neurones périphériques après une blessure (p.ex. d'un muscle de la jambe). Cela nous permet en même temps de comparer le comportement des souris knock-out avec celui d'animaux normaux et d'acquérir des connaissances sur d'autres différences moléculaires entre le SNP et le SNC.
L'utilisation d'animaux transgéniques présente plusieurs avantages: d'une part, nous travaillons sur des organismes vivants dotés de systèmes organiques complexes qui fonctionnent et chez lesquels les répercussions peuvent être mesurées autrement que séparément. D'autre part, nous pouvons activer ou désactiver les mécanismes moléculaires et "imiter" ainsi certaines maladies humaines. Les modèles de souris transgéniques nous permettent d'observer directement les progrès de l'animal lors de la marche et par exemple d'analyser sur des coupes histologiques ce qui se passe au niveau cellulaire. Les expériences de ce genre ouvrent la voie qui mène aux applications cliniques.
Avant de pouvoir utiliser une substance active telle que l'anticorps anti-Nogo chez l'homme, il importe de s'assurer avec le plus de fiabilité possible qu'elle n'aura pas d'effets secondaires imprévus. Seule l'expérimentation animale permet d'obtenir un maximum de sécurité à cet égard. De même que pour l'efficacité, nous sommes toujours tentés, en évaluant la sécurité de l'anticorps anti-Nogo, d'utiliser le moins d'animaux possible et de réduire leurs souffrances à un minimum. C'est la raison pour laquelle nous appliquons la stratégie 3R de Russel et Burch. Si les rats et les souris ressemblent à l'homme sur le plan anatomique et physiologique, ils présentent néanmoins des différences. Ces différences ne sont pas rédhibitoires pour l'expérimentation animale, car celle-ci est souvent le seul moyen de souligner l'efficacité d'un traitement et d'exclure à l'avance tout risque d'effets secondaires toxiques.
Coordonnées
Institut für Hirnforschung
Universität und ETH Zürich
Winterthurerstrasse 190
CH-8057 Zürich
Tél.: +41 1 635 33 30
Fax: +41 1 635 33 03
E-Mail:
schwab@hifo.unizh.ch
Internet: www.hifo.unizh.ch
Curriculum vitae
Né le : 11 avril 1949 à Bâle
Etat civil : Marié (depuis 1972) avec Ruth Handschin Schwab, artiste
Nationalité : Suisse, bourgeois de Bâle-Ville et Gals BE
Cursus scolaire et formation
1968 Maturité, Realgymnasium Basel
1969 - 1972 Etude de la zoologie (botanique et chimie comme matière secondaire) à Bâle
1972 Diplôme en zoologie, Université de Bâle
1973 Dr phil., Université de Bâle
1978 Habilitation en tant que privat-docent en neurobiologie et cytobiologie, Université de Bâle
Emplois et carrière scientifique
1972 - 1973 Doctorand-assistant, Institut zoologique de l'Université de Bâle
1974 - 1978 Assistant, Département de pharmacologie (Pr Hans Thoenen), Biozentrum, Université de Bâle
1978 - 1979 Research Fellow, Dept. of Neurobiology, Harvard Medical School, Boston, Massachusetts, USA
1979 - 1985 Collaborateur scientifique, Département de neurochimie, Max-Planck-Institut für Psychiatrie, Martinsried/Munich
1985 - 1995 Professeur extraordinaire de recherche sur le cerveau et codirecteur de l'Institut pour la recherche sur le cerveau de l'Université de Zurich
Depuis 1995 Professeur ordinaire de recherche sur le cerveau
Depuis mars 1997 Professorat en sciences neurologiques à l'EPFZ
Depuis octobre 1998 Président du comité directeur du Centre de sciences neurologiques de l'Université et de l'EPF de Zurich
2. L'importance des animaux de laboratoire (transgéniques) et de l'expérimentation animale dans la recherche et le développement pharmaceutiques
Pr Paul Herrling, directeur de la Recherche Corporate Novartis International SA, Bâle
L'expérimentation animale joue un rôle important dans la recherche et le développement de médicaments. Grâce aux progrès de la génétique moléculaire, les animaux dits "transgéniques" sont de plus en plus utilisés depuis quelques années parce qu'ils permettent d'étudier les mécanismes pathologiques et représentent de meilleurs modèles animaux des maladies humaines: ils peuvent être utilisés comme modèles homologues de ces maladies au lieu des modèles analogiques employés jusqu'ici. Ces modèles animaux entraînent une prédictibilité améliorée chez l'homme. D'une manière générale, on entend par organismes transgéniques des êtres vivants dont le patrimoine génétique a été modifié par une intervention technique ciblée. De telles interventions permettent d'introduire dans le noyau cellulaire un nouveau gène, soit de la même espèce, soit d'une espèce différente ("transfert génique additif").
Lors de l'introduction d'un nouveau matériel génétique, il est possible de provoquer l'activation des gènes dans tout l'organisme ou de faire en sorte que le gène ne soit actif que dans des types de cellules bien spécifiques, par exemple les cellules du sang ou du cerveau. Lors de la désactivation de gènes précis (appelée aussi "délétion génique"), on crée des animaux dits "knock-out". Ce faisant, il est possible de désactiver des gènes entiers ou seulement certains segments fonctionnels d'un gène. Cette méthode permet avant tout d'étudier les maladies dues à un seul gène défectueux, maladies dites monogéniques.
Cependant, bon nombre de tableaux cliniques ne peuvent être compris que si l'on examine le défaut génétique causal dans le contexte de l'organisme complexe tout entier. Les êtres vivants supérieurs se composent d'une multitude de cellules différentes qui peuvent exercer différentes fonctions. Ces cellules forment des organes et tissus complexes qui s'influencent mutuellement (par exemple, la fonction du foie a une grande influence sur l'organisme entier). Pour bien comprendre les aspects moléculaires d'une maladie, il faut étudier et analyser le processus pathologique dans un organisme vivant. Les animaux transgéniques et knock-out permettent pour la première fois de comprendre la fonction de différents gènes dans le contexte complexe d'un organisme.
Les modèles animaux transgéniques sont à l'origine de nombreuses découvertes importantes dans le domaine de la recherche. Les modèles murins ont grandement contribué à la compréhension du système immunitaire. La surexpression d'un ou de plusieurs gènes dans des animaux transgéniques a permis de mieux comprendre les processus pathologiques de différents cancers et également de la maladie d'Alzheimer. En ce qui concerne la maladie d'Alzheimer, les animaux transgéniques ont été indispensables, car ce sont eux qui ont permis d'opter pour l'hypothèse amyloïde parmi une multitude d'alternatives. Plusieurs de ces modèles animaux sont à l'origine de nombreuses découvertes dans le domaine de la recherche fondamentale biologique et médicale. C'est pourquoi ils sont d'une nécessité absolue pour la recherche pharmaceutique.
Comme toutes les firmes pharmaceutiques, Novartis exploite aussi les possibilités et les résultats de la recherche avec ou sur des animaux transgéniques, en particulier la découverte de mécanismes pathologiques, pour le développement de nouvelles substances dans l'intérêt des malades et de la santé publique. Les souris transgéniques constituent la grande majorité des animaux utilisés. Les progrès réalisés au plan de la modification génétique des animaux sont souvent considérés d'un ?il critique. Mais sans ces avancées, nous ne serions pas en mesure de développer des thérapies causales pour les maladies graves. Par ailleurs, nous sommes persuadés que ces expériences sont justifiées en regard de la souffrance des malades et de leurs proches.
Coordonnées
Novartis International AG
WSJ-200.204
Case postale
CH-4002 Bâle
Tél.: +41 61 324 62 84
Fax: +41 61 324 21 41
E-Mail:
paul.herrling@group.novartis.com
Internet: www.novartis.com
Curriculum vitae
Le Professeur Paul Herrling dirige la Recherche Corporate de Novartis depuis novembre 2002. Il est également Président du Conseil d'administration du nouvel Institute for Tropical Diseases créé à Singapour par Novartis, pour faire avancer la recherche à long terme dans le domaine des maladies infectieuses et parasitaires évolutives auxquelles peu d'investissements sont généralement consacrés.
Le Pr. Herrling est également en charge du Friedrich Miescher Institut de Bâle, Suisse, et est membre du Conseil d'administration du Genomics Institute of the Novartis Research Foundation à La Jolla, Californie, ainsi que de plusieurs autres institutions de recherche.
Avant d'occuper ces fonctions, Paul Herrling était Directeur mondial de la Recherche et membre de la Direction de Novartis Pharma. A ce titre, il a dirigé le processus d'intégration des organisations de recherche de Sandoz et Ciba-Geigy, après la fusion de ces deux sociétés en 1996 pour former Novartis. Il a mis en place nombre des éléments de la nouvelle stratégie du Groupe en matière de recherche.
Le Pr. Herrling est entré chez Sandoz Pharma en 1975 et a occupé divers postes dans la Recherche chez Sandoz à Bâle et Wander à Berne. En 1985, il a pris la direction du Sandoz Forschungsinstitut à Berne et de la Recherche préclinique SNC chez Sandoz Pharma à Bâle. En 1992, il a été nommé Directeur de la Recherche préclinique bâloise de Sandoz Pharma et, en 1994, Directeur de la Recherche du Groupe.
Par ailleurs, Paul Herrling enseigne les disciplines scientifiques impliquées dans la découverte de médicaments à l'Université de Bâle et est Full Adjunct Professor au Harold Dorris Neurobiological Institute, Scripps Research Institute, La Jolla, Californie. Il a obtenu son doctorat en 1975 à l'Université de Zurich et a effectué son stage post-doctoral à l'Institut de Neuropsychiatrie de l'Université de Californie, Los Angeles (UCLA).
Outre ses multiples activités dans l'édition scientifique, il est membre de plusieurs conseils d'administration dont celui de la Novartis Foundation à Londres et celui de la Fondation Maison de la Chimie à Paris. Il est Directeur de Chiron, Emeryville, Californie, et du Joint Scientific Council SCRIPPS, La Jolla, Californie.
3. La dignité de la créature - réflexions éthiques sur l'expérimentation animale
Pr Alberto Bondolfi, théologien, vice-directeur du Centre Lémanique d'Ethique, Université de Lausanne
Le débat sur l'attitude éthique à adopter envers les animaux ne s'est guère apaisé ces derniers temps. Bien au contraire, l'introduction de nouvelles différenciations l'a même ravivé.
Des différences fondamentales dans la conception du monde demeurent: certains philosophes et théologiens partent du principe que l'être humain est au centre de la nature. En revanche, d'autres refusent d'admettre l'existence d'une hiérarchie parmi les êtres vivants. Nonobstant ces différences fondamentales, presque tous les participants au débat s'accordent à dire que d'un point de vue normatif on devrait s'abstenir de tourmenter les animaux et réduire leurs souffrances à un minimum.
Ces derniers temps, des méthodes de modification génétique des animaux se sont établies, aussi bien dans le monde de la recherche que dans l'industrie alimentaire. Ces pratiques ont enrichi le débat éthique de nouveaux arguments et contre-arguments. Sous ce rapport, une attention particulière est accordée à la question de la légitimité de la modification du patrimoine génétique d'un animal. Une telle modification est considérée par de nombreux citoyens et citoyennes comme une manipulation illégitime de la nature de l'animal.
En réalité, la mutation génétique ne peut guère être considérée comme une "modification de la nature" de l'animal. Prétendre cela serait confondre un fait biologique avec un fait ontologique. Le débat actuel sur la mutation génétique, où qu'elle soit proposée ou pratiquée, souffre malheureusement de cette conclusion erronée. Certes, la mutation génétique doit être éthiquement légitimée de cas en cas, mais elle ne doit pas être considérée comme une modification de la nature.
En plus de cette attitude fondamentale à l'égard de la mutation génétique, il importe de percevoir et juger la modification en question en fonction du contexte respectif. Malheureusement, le débat actuel ne tient pas assez compte de l'hétérogénéité du contexte dans lequel a lieu la modification du génome animal. En fait, l'appréciation éthique d'une modification génétique varie considérablement selon le contexte spécifique. Le recours à des animaux transgéniques en recherche fondamentale médicale ou leur utilisation clinique est moralement beaucoup plus plausible que les tentatives commerciales visant à offrir de la viande à meilleur prix.
Les mutations génétiques n'ont pas toutes le même effet sur l'état de l'animal. Certaines d'entre elles n'ont pratiquement aucune incidence sur le bien-être de l'animal. D'autres, en revanche, peuvent avoir des répercussions très négatives et même, dans certains cas, empêcher toute existence conforme à l'espèce. Voilà pourquoi il est indispensable de procéder à l'évaluation éthique d'un projet en fonction de la situation. Or, c'est ainsi que les choses se passent dans notre pays - sous garantie légale - grâce au travail des différentes commissions d'éthique .
Outre ces aspects opérationnels de la problématique, il est également important d'examiner d'un ?il critique l'incidence de la modification génétique sur la perception de l'existence. La "dignité de la créature" est souvent évoquée à ce propos. Cette expression suggère à juste titre que les animaux ne sont pas des objets mais des êtres vivants doués de sensibilité et qu'ils ont besoin d'être protégés. En même temps, la formule dite de la "dignité de la créature" est source de nombreux malentendus, dès lors que le terme de dignité a été introduit dans la discussion philosophique et théologique pour faire référence à l'être humain. Il ne doit être utilisé que dans un sens analogique lorsqu'il est question du droit des animaux.
Coordonnées
Centre Lémanique d'Ethique
Université de Lausanne
Bâtiment de Provence
CH-1015 Lausanne
Tél.: +41 21 692 38 63
Fax: +41 21 692 38 65
E-Mail:
alberto.bondolfi@dtheol.unil.ch
Internet: www.unil.ch/cle
Curriculum vitae
Année de naissance: 1946
1965 - 1971 Etudes de philosophie et de théologie à l'Université de Fribourg i. Ue.
1977 Promotion au grade de Dr theol.
1971 - 1977 Assistant à l'Institut de théologie morale de l'Université de Fribourg i. Ue.
1979 - 2001 Assistant chef à l'Institut d'éthique sociale de l'Université de Zurich
1996 Privat-docent à la Haute Ecole de Lucerne
2001 Responsable de l'Unité d'enseignement de l'éthique à la Faculté de médecine de l'Université de Zurich
Depuis 2002 Professeur d'éthique à l'Université de Lausanne (Centre Lémanique d'Ethique)
1990 - 1996 Président de la Société suisse d'éthique biomédicale
1995 - 1999 Président de la Société européenne de recherche en éthique (Societas Ethica)
Membre de la Commission nationale d'éthique (CNE)
Collaboration au projet de loi "recherche impliquant des êtres humains" à la Confédération
Nombreuses publications sur l'éthique, notamment l'éthique biomédicale
© 2010
, case postale, 3000 Berne 14 - Tél.: +41 31 356 73 84, Fax +41 31 356 73 01
dernière changement: 2007-03-19 14:20:00